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Extraits du site "Nos Enchanteurs" et du Dauphiné Libéré...

Festival "La Chansonnade" (Pourchères 07)...

On ne va pas tout le temps se plaindre des caprices de la météo, ça f’rait rengaine. D’autant que ce qui nous tombe du ciel, bien à l’abri dans cette bergerie, n’est rien que du bonheur. Qui plus est d’une musicalité plutôt rare à Pourchères. Ça swingue, ça louche et ça manouche. Ça jazze, avec du Gin dedans : « On a l’alcool en phase… » Ça valse parfois. Ça tangue, ça vibre, ça balance, ça vous remplit la salle, ça fait cabaret parisien en sous-sol sauf qu’ici, à Pourchères, il y a bien plus de monde encore. Et qu’on a bien les pieds sur terre, qui d’ailleurs ont la bougeotte.

Lui, c’est François Buffaud. En temps normal on dit le « Buffaud Trio ». Il devra faire réimprimer son matériel de promo en « Buffaud quatuor » : sa belle entreprise est en expansion. Michel Sanlaville est venu ajouter sa touche et son art de la contrebasse aux guitares de Philippe Parant et à l’accordéon de Sébastien Debard. Leur musique perle en désirables notes, celles qui appellent l’amour, celles qui retiennent l’amitié. Elle est comme un panneau solaire, elle capte et restitue la chaleur, c'est de l'énergie qu’elle redistribue.

Alors, dans cette salle, c’est dès l’entame canicule, à croire que François Buffaud y a installé son fan-club, incandescent il va de soi. Il devra bisser même "On f’ra semblant (…quand on sera mort)", la preuve que, justement, il ne fait pas semblant. C’est déjà incroyable tube, faudra le faire savoir en hauts lieux, chez Drucker et Varrod malgré leur légendaire surdité...

La voix de Buffaud est grosse et ronde, bien en bouche. Elle vous est vite indispensable « comme si c’était la première fois » : j’vous raconte pas si c’est la vingtième…! Car on devient vite addict. Autre tube encore, "Les cabines de plage", nostalgie balnéaire un rien surannée « des parasols de toile / et la plage en galets ». Pour peu, vous entendriez les mouettes. En fait on se refait toute la gamme des sentiments, de l’émotion à fleur de larmes (« Maman, tu nous as écrit / Les pages d’une vie si belle ») à la joie en partage. Buffaud réussit même à faire siens Les Bourgeois, c’est dire s’il est loin d’être une brèle.

On se dit que l’étroitesse de la scène fait que tout le monde est condamné à être au premier plan. Mais c’est toujours pareil chez Buffaud, frappé d’égalité. Y’a pas une vedette et les autres : dans la calligraphie du cœur, tout le monde a le même corps, la même typo, le même caractère généreux. Chacun y va de son art, de son talent, de sa virtuosité : tout dans le même pot commun. Eux et, quitte à faire, le public, pas manchot, pas avare.

« Reprenez la légende / Qui dit que tout se peut / Si chacun fait l’offrande / Du joli peu qu’il peut ».

Programmatrices, programmateurs, si vous me lisez, signez Buffaud, paraphez son contrat : ma foi, vous offrirez là à votre public un singulier cadeau !

Michel Kemper pour Nos Enchanteurs - concert du 9 juillet 2017 - photos Marie Olivier

Au Théâtre du Rond Point (Valréas 84)...

Kissou Robequin pour le Dauphiné Libéré - concert du 6 mai 2017.